The Liars ou la vie pas drôle du tout. Un chef d’oeuvre dérangé, paranoiaque et définitivement torturé par la classe et le talent sans fin d’un groupe sacrément Grand.
Les américains ne font pas dans la légèreté. Immense drame cradingue qui confine à l’opéra noisy dépressif, ce Sisterworld impose d’entrée son tempo mystique dans un Scissor lumineux de noriceur qui annonce d’emblée la couleur : Sombre, brutale, la musique des Liars convoque les démons de la raison et s’invite dans les recoins les plus oubliés de nos esprits balayés par le vent des larmes faciles et l’émotion sur-médiatisée
Qu’on ne s’y trompe pas; ce cinquième album est d’une cohérence artistique à tout épreuve et s’évite soigneusement le tant redouté exercice de style préfabriqué. Longues nappes de bruit Drip, Déluge de métal Scarecrows On A Killer Slant, I still Can See An oOtside World, pièces synthétiques aux effets sonores très kraut Evolutions, Too Much, Too Much, plaidoyers Glam-Punk GoodNight EveryThing, clins d’oeil Post Punk appuyés Drop Dead, on se délecte de cet essai généreux, apocalyptiquement très correcte que l’on salue pour son intégrité à tout épreuve et sa dimension artisanale jamais répudiée. Un monde au bord du gouffre chanté par des humains guitares à la main. Les Liars éclairent en nous cet insondable précipice du chaos dont on reporte chaque jour in extremis la visite au lendemain.

