Revoilà Gorillaz! Un retour mené comme de coutume par l’épatant Damon Albarn, homme à tout faire de la scène anglaise. Un voyage instransigeant vers des cieux hip hop plutôt inattendus qui nous font dire que ” L’homme qu’il faut là ou ne l’attend pas” refuse une nouvelle fois la bonne vieille routine du succès tout fait. Et c’est tant mieux.
On ne plaisante pas sur ce nouvel album sans aucun doute le plus sombre de la trilogie entamée il y a maintenant près de 9 ans. On pouvait à vrai dire s’en douter. Damon Albarn n’est vraiment pas le genre d’artiste à bégayer. Depuis les premiers exploits de la brit’ pop jusqu’à aujourd’hui, l’anglais a su constamment se remettre en question et lorgner vers la musique africaine, électro, hip hop sans que l’on n’y trouve rien à redire. On mesure aujourd’hui le chemin parcouru et l’on salue ce Plastic Beach qui nous évite courageusement le syndrome ”Demon Days 1.5″.
Ce troisème album est d’une cohérence à tout épreuve, quoi de plus logique pour un projet censé finalement mettre en scène un monde sonore et visuel parallèle. Entre clin d’oeil appuyé au Hip Hop des nineties, Welcome To the Plastic beach, Superstar JellyFish, participation orchestrale grandiose White Flag, et hommage généralisé à la musique Noire américaine en général, l’affiche façon BO partagée par le fidèle Jim Hewlett au graphisme sent le coup de cafard. Une mélancolie trainée tout au long de morceaux imbibés d’un vague à l’âme latent, bien loin du flagrant délire flashy de ses illustres prédécesseurs.
Les invités conviés la jouent comme d’habitude modeste malgré des CV plutôt glorieux; Snoop Dog, Mos Def, Loo Reed, Mick Jones, Paul Simon, De la Soul…sont parmis d’autres au service d’une musique aux allures de bricolage retro futuriste qui perd en fraicheur ce qu’elle gagne en densité. Quelques vaines lueurs d’espoirs, le magnifique Empire Ants, la ritournelle To Blinge, engloutis dans une étrange oeuvre aux faux accents de fin du monde, parfois convenue Broken, toujours bordélique On SweepStakes, souvent pertinente Stylo, Rhinestone Eyes, qui signe sans le dire la possible fin d’un projet éclectique, ambitieux et en totale communion avec son temps.
