Comment faire d’un simple disque aux accents pop une des plus grandes merveilles de notre monde? facile, il suffit de convier Danger Mouse à fourrer son nez là ou ça le regarde : dans les partitions d’auteurs exigeants portés par un coeur gros comme ça.

Une sensibilité hors du temps et un esthétisme visuel qui confine à l’obsession, voilà en 3 mots le parcours sidérant du producteur américain révélé par un mash up Beatles/ Jay Z détonnant The Grey album et depuis peu devenu LA star invisible qui transforme l’ordinaire en Or. Le Demon’s Day de Gorillaz, les Gnarls Barkley, The Good The Bad and the Queen ou encore dernièrement le projet Sparklehorse du regretté Mark Linkous c’est lui et encore lui. Sa rencontre avec James Mercer est aujourd’hui l’occasion de s’arracher de sa sombre torpeur et de s’offrir avec le leader des Shins une cure de soleil ébouissante.

Un plaidoyer pop d’une banalité toute américaine, voilà pour la forme. Un petit bijou à la puissance infinie, serti de rêves et de souvenirs d’un glorieux passé que l’on peine heureusement à identifier sous une épaisse couche de sons à l’ampleur quasi  symphonique, voilà pour le fond. Une oeuvre parfaitement équilibrée qui laisse le chant libre à un James Mercer prêt à régaler son monde à coup d’envolées lyriques parfaitement contrôlées et de mélodies généreuses jamais galvaudées. Un matelas sonore aux connotations seventies très subtiles qui lévite lumineusement et tranquillement au dessus des clichés et des références habituellement pataudes – un peu de psychédélisme par çi, un peu de bazar par là –  pour sceller à jamais cette alliance qui  consacre, le temps d’un instant, un duo étincellant à l’humilité renversante. Un véritable travail d’orfèvre.

Découvrez la playlist broken bells avec Broken Bells

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