Diabolique, le monde des BJM est une terre aride dévastée et sans pitié. Un paradis des tordus dans lequel évolue le rock de ce groupe vedette de l’underground américain promu auprès du grand public au détour d’un documentaire acide paru il y a quelques années; Dig!, présentait aisi en 2004 la rivalité qui opposa le groupe d’Anton Newcombe aux fameux Dandy Warhols propulsés ensuite chez Capitol. Un récit en forme de défaite qui masque pourtant très mal aujourd’hui une réalité à laquelle rien ne résiste; Les BJM sont en pleine forme et leur retour est une bénédiction.

On oubliera les problèmes de drogues, les ruptures, les reformations, pour constater qu’à la sortie de leur 12ème album, les américains n’ont rien perdu de leur noirceur cynique un brin barrée qui les accompagne depuis leurs débuts. Un rock de garage, aux délicieux accents de foire aux sorcières, qui n’a pas froid aux yeux. Car  l’album est bon, très bon même; This is The One Thing We  Did Not Want To Have Happen fracasse, Let’s Go Fucking Metal sort d’une inquiétnt usine pourtant désafectée, Thungur Hnifur rappelle d’emblée Iggy Pop période Punk shooté à l’indie rock, The One ou Someplace Else Unknown évoluent masquées dans un sulfureux bain de Cold Wave et Dekta! Dekta! Dekta! ballade ses sonorités indiennes dans une infernale et désespérante boucle synthétiquo – acoustique.

On retrouve quelques bouches trous instrumentaux à tendance décorative pas indispensables mais plutôt bien fichues Tempo 116.7, White Music, histoire de complêter un tableau noir, très noir qui consacre une formation courageuse et aventureuse que rien ne semble faire dévier de son objectif premier. Faire de la musique un art pionnier.

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