Laura Veirs dans la mélancolie et s’abandonne dans une country pop vaporeuse du plus bel effet. On a aperçu l’américaine dans une grande enseigne marchande au coeur de la capitale la semaine dernière. Un bon moyen de présenter une chanteuse encore, mais plus pour longtemps, inconnue par chez nous. Une artiste qui laisse transparaître au premier abord une étonnante banalité. Une madame tout le monde ou presque, qui cache en réalité derrière ses lunettes rectangulaires, une artiste accomplie.

On pourra toujours discuter de la pertinence de son apport dans la musique d’aujourd’hui. Grande héritière des folkeuses des années 70, on lui reprochera sans doute en 2010 de chanter à la “Cat Power”; un mélange sucré de grâce et de volupté, une voix chaleureuse et caressante,  mais soutenue par une force et une énergie intérieure que l’on pressent lorsque la musique au détour d’un refrain, prend soudainement une ampleur inattendue. Car la musique de Laura Veirs se la joue grand angle et explore calmement un univers au choix  peuplé de choeurs divins Life is good blues, Carole Kaye, survolé par le souvenir lointain de ses vacances passées  dans le mélancolique July flame, ou encore habité par un piano en apesanteur sur Little Deschutes. Un album qui se permet de faire rêver l’auditeur en quête de sensations douce grâce à une bien belle trouvaille, le doublage de la voix.  Une décision judicieuse qui sublime le travail de  l’américaine-le splendide Sleeper in the Valley porté par des cordes célestes-et qui en fin de compte consacre  un  disque à la beauté très tranquille.

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