Le quatrième album du collectif anglais se veut ambitieux; Hot Chip change et c’est tant mieux.
On avait beaucoup aimé les premiers essais de ces fous furieux amateurs d’un son électro brut de décoffrage et alambiqué. The Warning en disque jeune et maladroit contenait quelques perles édonistes furieusement dansantes And I was a boy from school, Colors. Le troisième album Made In the Dark plongeait le groupe de bricolos dans une pop torturée et exigente, qui confirmait cette étrange et heureuse sensation de décalage ; Hot Chip laisse tourner ses machines sans trop les filtrer comme un pied de nez aux tendances actuelles.
Mais l’atout du groupe réside depuis le départ dans la personnalité de ses vocalistes qui tranchent avec les standards computerisés de l’électro des années 2000; Une touche humaine et familière emmenée par l’incroyable Alex Taylor qui au lieu de s’entêter dans une perfection digitale toute subjective préfère jouer le jeu de l’émotion pudique. Une réussite confirmée sur ce On Life Stand plus lyrique que jamais.
Le nouvel album se veut plus consensuel. Une approche qui déconcerte au premier abord mais qui confirme rapidement ses bienfaits; On tient là une excellente house pop fraiche et créative qui écarte un temps soi peu le groupe du carcan expérimental qui leur collait à la peau. Sauf que cette musique là ne s’abaisse jamais dans la facilité la plus vulgaire et s’entiche d’une vraie dimension mélodique et communicative; One Life Stand, We Have Love, ou le titre introductif Thieves In The Night sont d’authentiques plaidoyers dansants et de vraies preuves d’exigence. On apprécie la déclaration d’humour kitch typée variet’80 qui habite ce Take It In désormais classé au rang d’ hymne et si on déplore quelques coups de mou Slush, I feel Better, on salue dans l’ensemble un album brillant qui couronne sans le dire l’un des meilleurs groupes britanniques du moment. Un bel exploit.

