Get Well Soon est le projet d’un seul homme, Konstantin Gropper, que l’on remercie d’avoir pris la décision qui s’imposait : écrire des disques d’une sophisticité remarquable.

Une belle pop soyeuse, brillante et généreuse que l’on aurait volontiers rapproché  d’Arcade Fire pour cette manie de faire d’un disque bricolé une oeuvre d’art, de Sergio Leone pour la profondeurt dramatique et de tous les bons groupes que le monde rock a connu récemment pour ses mélodies les plus lumineuses, Radiohead en tête. L’album est un enchevêtrement de pistes soigneusement arrangées dans un écrin d’une beauté sans faille, que l’on a envie de manipuler avec précaution; Une fragilité, qui n’a d’égal que l’ampleur quasi symphonique de cette musique composée par un ex étudiant en philosophie plutôt doué et très sûrement passionné par l’oeuvre de la formation de Win Butler.

Les plus fanatiques des canadiens fous ne pardonneront peut être pas une proximité (trop?) troublante avec leur groupe favori, le chant notamment et cette manière typique de dérailer dans les tonalités les plus hautes, les autres se délecteront d’une épopée musicale haute en couleur traversée par un hommage cinéphile Werner herzog get Shots, hanté par des ballades jazzy suspendues au dessus d’un jardin secret That love et d’un je ne sais quoi de distinction qui propulse les arrangements luxuriants de cet essai soigné jusqu’à la moelle dans les nuages . Un album  parsemée de très bons morceaux tout court, Auréate, We are Free, qui se révèle sur la longue délicieusement décadent et désenchanté. Un bel hymne de printemps avant l’heure.

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