Il était une fois Serge Gainsbourg… Un biopic façon bande dessinée pesant et maladroit qui à force d’ellipses en tout genre passe à côté de son sujet. La vie de l’homme à tête de chou reste encore à filmer.
Pas vraiment une biographie, mais pas vraiment un conte non plus, l’hommage de Joan Sfar à Lucien Ginzburg se prend les pieds dans le tapis à force d’alternoiements. Une suite de tableaux stylisés à outrance sans véritable lien, plombés par des choix artistiques contradictoires; Une vie héroique expliquée par une accumulation de sous-entendus et de procédés divinatoires, qui laisse pourtant une grande part de la narration à un double schizophrénique en carton lourdingue, tout droit sorti d’un comic book.
Mais si Sfar aime visiblement sans retenue le compositeur de la Javanaise, on regrette une vision du personnage bien trop simpliste; La laideur semble être l’unique leitmotif d’un récit qui oublie au passage la complexité d’un personnage érudit, imprégné de littérature et de poésie, doué d’une sensibilité personnelle et artistique autant destructrice qu’a pu être la seule question de l’apparence physique; Un réalisateur qui tente d’expliquer grossièrement Gainsbourg par le prisme Gainsbarre en survolant sans jamais trop s’attarder un personnage de cinéma déraciné pourtant bien entouré; Des acteurs en état de grâce, dans un film bien mal maîtrisé. Dommage.
