
Charlotte Gainsbourg plonge dans un océan de noirceur et dérive doucement dans l’expérimental. Un IRM très personnel et introspectif qui manque malheureusement d’allant et de diversité.
On attendait la fille Gainsbourg avec beaucoup de curiosité, après un premier essai linéaire mais réussi. 5:55 composé et arrangé par le duo Air avait projeté l’actrice sur la scène musicale indépendante, et introduisait de la plus belle des manières une carrière musicale menée désormais en parallèle de ses pérégrinations cinématographiques. Le voilà donc cet IRM mécanique, tout en retenue, et torturé. Un concentré mortifère de sombres pensées, enferré dans un monde livide et monochrome. Une formule très conceptuelle qui pätie en définitive des limites de l’exercice.
On y découvre un joyeux ballet oppressant et concret IRM, froidement réaliste Le chat du Café des Artistes, désincarné Me and Jane Doe, aux accents gothiques Trick Pony, Greenwich Mean time. Des compositions tortueuses et blafardes parfois très subtiles In The End, qui ne font cependant pas oublier certaines lourdeurs. Le duo emmené par Beck peine en effet à s’extirper d’un cahier des charges visiblement trop austère et oublie en cours de route toute originalité. Une pâleur forcenée qui nuit finalement à un projet pas vraiment excitant, sans grand relief, sauvé des eaux par le charme et la présence quasi magnétique de son interprète mais plombé par les pesants arrangements d’un américain que l’on a connu autrefois plus virtuose et inspiré.