
Rihanna revient après ses déboires personnels et judiciaires sur les devants d’une scène qu’elle n’a jamais vraiment quittée. Un disque hanté par la mélancolie et les désillusions.
On entend ici et là que sans le coup de main Jay Z, la belle, artistiquement parlant, n’exitserait pas. Peut être. les lois du hasard et le talent font souvent bon ménage. Née dans le cocon du plus grand producteur Hip Hop de la planète, Rihanna a rapidement crevé l’écran, accumulant les ventes et alimentant malheureusement aussi pour elle la rubrique faits divers. La chanteuse au timbre particulier, mêlant Dancehall et R’N'B, jeune star de 21 ans et valeur sûre du milieu Hip hop / soul américain, se montre aujourd’hui capable de tracer sa propre route sans devoir en référer à personne. Un album qui prend enfin le temps, enchaine les titres plutôt bons et évite la traditionnelle accumulation de singles entourés de trous d’air, syndrome bien connu de nombreux blockbusters musicaux.
Un univers toujours futuriste teinté d’électronique, hard, qui laisse tomber un temps les tubes dance parfois racolleurs pour des titres plus personnels, limites beaux Ti amo, voire franchement réussis Cold Case Love, Un album sincère qui n’hésite pas à aller faire un tour du côté d’ Alicia Keys Stupid Love ou du rock aseptisé Rockstar 101. Plutôt maline, la miss n’oublie pas de faire appel à quelques pointures histoire de légitimer son effort. Slash guitariste des Gun’s and Roses vient jouer quelques riffles ici et là et Will.I.am des Black Eyed Peas vient squatter le très bon Photographs.
Une nouvelle carrière entamée pied au plancher, ou Rihanna s’affranchit de son étiquette R’N'B dans un album innondé de sentiments et de regrets, jamais lourdingue, véritable thérapie d’une artiste qui incruste le club des pop stars les plus en vue de l’année. Un pari réussi.