nora jones

Miss Jones abandonne (un peu) le jazz et entrevoit la lumière du côté du rock.  Classieux mais prévisible.

On attendait beaucoup d’un nouvel album de la chanteuse américaine qui aura écoulée près de 35 millions d’album à travers le monde en l’espace de 4 albums. Un changement de cap plus tard, la  voilà affublée d’un nouveau son, d’un nouveau producteur, d’une nouvelle vision, presque une nouvelle religion. Une chouette idée donc que ces retrouvailles décalées, du moins en théorie. Car en pratique la révolution attendue attendra, et se présente plutôt sous la forme d’une petite évolution de style histoire de ne pas (trop) tomber dans la redite.

Un rock lo-fi rondement mené, doux et gracieux, aérien et cotonneux, meilleur compagnon de la séance canapé du dimanche après midi. Qu’on se le dise, Norah Jones a pour elle la grâce et la distinction cette présence vocale hors du commun, mélange de jazz, de soul, de folk, de tristesse habilement dissimulée, d’espoirs enfouis mais secrets. Un condensé de poésie humaine distillé dans une sensualité rare. Mais à vouloir trop arrondir les angles, l’équipe précipite la voix si reconnaissable de la jeune femme dans un désespérant anonymat. Après un somptueuse introduction Chasing Pirates l’interprète à la voix d’or semble rechercher sans cesse la bonne formule d’un album qui trouve finalement sa bonne ligne de conduite sur l’épique Stuck, rock psychadélique et inventif malheureusement bien trop tardif.

Un renouveau inachevé, qui laisse pourtant entrevoir de bien à belles choses dans un avenir proche, à condition que la belle américaine tourne enfin le dos à ses exploits passés et s’arrache un peu du monde ouaté et maintenant ultra rabâché à l’origine de son gigantesque  succès. Chiche?

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