

JP Nataf aura marqué indubitablement son temps; Il fut dans un autre siècle chanteur et compositeur des Innoçents, formation coupable des plus belles mélodies du rock français des années 90 dont les airs sont encore dans toutes les têtes Colore, L’Autre Finistère… Des émotions, un frisson national et puis s’en va. Une autre vie qui commence, des espoirs au bout de la voix.
Un album confidentiel en 2004 Plus de Sucre, des participations deçi-delà avec jeanne Chéral, des bricoles, et puis une signature chez Tôt ou Tard, label de Delerme, une vison nouvelle, une envie d’aller plus loin, un élan créatif certain, et surtout beaucoup de talent à revendre après 5 ans d’absence discographique.
La rencontre s’initie sur Myosotis sérénade au long cours, hymne à à l’inattendu, on croit rêver lorsque surgit sans trop le dire une improbable rythmique dub. On entend un peu les 60′s sur Clair, une world folk façon Tracy Chapman sur le splendide Seul Alone, Léonard Cohen, Après Toi…l’album d’une manière générale est prétexte au voyage intérieur; La musique de Nataf s’afranchit des frontières, des souvenirs, des désirs sans que l’on n’ait rien à en redire; On cherchera en vain une quelconque référence à ses exploits passés, sauf évidemment cette plume toujours habile et en mouvement,capable de muer le mot le plus banal en une envolée lyrique désabusée. Le chanteur construit et détruit des espaces petits et grands, explose les univers pour mieux se créer le sien, et à défaut de chanter comme avant, manie le dictionnaire de la vie comme personne. Un artiste à part, tenté par le large, mais solidement amarré au port des autres. Toutes voiles dehors.