
On ne saurait dire si la rumeur ou le buzz fabriquent ou non de toute pièce les futures vedettes du monde artistique. Une chose est sûre, certains en profitent plus que d’autres. C’est le cas aujourd’hui de Florence + The Machine.
Une Anglaise, qui a su profiter des méandres du buzz. Des bruissements à propos de prestations scéniques survoltées et originales menées tambour battant outre manche, un mystère autour de la personne forcément calme, posée, timide, parfaite antithèse du personnage publique, une réputation d’artiste forcément hype qui ferait fureur dans les milieux autorisés histoire de donner envie à ceux qui n’en font pas partie, un relais internet rapide et puissant, une prestation live remarquée du côté des inrocks et de leur festival Tck Tck Tck, et puis finalement l’album.
Alors quoi? Une musique onirique souvent enivrante, aux mélodies extravagantes et soutenues par une voix qui rappellerait par moment celle d’une KT Tunstall portée sur l’emphase, justifie t’elle tout ce bazar? Oui et non. On reconnait chez Florence Welch un talent pour l’aventure, au delà des genres,des styles des frontières classiques et des figures imposées.Une pop arty démesurée et insaisissable Drumming Song aux arrangements parfois baroques I’m Not callng you a liar, mais capable des plus belles fulgurances Rabbit Heart ou des essais les plus grandioses, le presque punk Kiss With A Fist, ou le bluesy Girl With One Eye.
Un album à forte teneur mélodique qui pêche cependant par une production un peu bancale. La faute à des choix non tranchés ou à un exercice finalement hors de propos-album live ou studio?-qui nous obligera plutôt à découvrir la musique du groupe sur scène, terrain d’expression favori d’une chanteuse à la voix impressionnante.