
Felix Da Houscat restera comme l’américain qui osa défier frontalement la French Touch avec l’extraordinaire Kittenz and Glitz en 2001 . Une réussite, que dis je, un coup de maître capable de rassembler autour de la même piste, les amateurs éclairés de Daft Punk, les clubbers pratiquant, les avant-gardistes allemands de l’électro klash et les amoureux transis de le House.
Depuis l’homme aux grosses lunettes, ne s’est jamais vraiment arrêté et livre régulièrement avec plus ou moins de bonheur ses nouvelles productions avec la régularité d’un métronome électronique. Aujourd’hui aidé de Joachim Garraud, gardien de l’électro française grand public, le DJ musicien de Chicago tente le coup de l’album ultra formaté d’où rien ne dépasse; Elagué façon bosquets du jardin de Versailles, cet hymne à la linéarité autoroutière ne restera vraisemblablement pas inoubliable tant on a connu l’artiste bien plus à son aise. Car finalement tout le charme de l’oeuvre du Grand Felix repose sur cette faculté à redessiner les années 80, dans leurs déboires et dans leur succès, sans jamais céder à la moindre censure. Un solide mélange d’euphorie et de respect pour une musique qui comme le chêne s’affranchit en définitive sans mal des effets néfastes du temps. A vouloir contenir aujourd’hui son travail dans des normes un peu trop rigides, l’apprenti magicien perd (beaucoup) de son imagination et (un peu ) de son pouvoir de persuasion.