

Aurait il enfin touché les anges, notre Benhamin Biolay national? Possible si on écoute son nouvel album La Superbe, opus trempé d’émotions et affublé d’une production de haute volée. Une exploration quasi autobiographique d’une carrière débutée il y a maintenant quasiment 15 ans et parsemée d’albums personnels, de participations, de projets annexes; un parcours dicté par l’instinct plutôt que par l’obligation, qui penche cette fois çi vers la bande originale de film et la nostalgie pour illustrer une nouvelle fois et de la plus belle des manières un dilettantisme que l’on jugera génial ou crispant, voire les deux, mais surtout remarquablement illustré par une osmose musique / textes qui approche aujourd’hui la perfection.
D’un côté, des influences new age pour des morceaux enlevés – synthétiseurs et voix traitées à la réverb’, rythmique et guitares énergiques voire pressées – véritables peintures d’une vie passée, inaccessible, que l’on poursuit indéfiniment. De l’autre, des pièces à l’ambiance cotonneuse, portées par des cordes célestes et perchées très haut dans les nuages de l’inconscient et du désir. Des souvenirs, des oeuvres qui rappellent Ennio Morricone Ton Héritage, Gainsbourg pour le road movie personnel Tu Es Mon Amour ou le très jazz Toxicomanie, des airs de poésie égarée façon Miossec sans Viser personne, de la chanson réaliste façon écriture hip pop Brandt Rhapsodie, une structure et un chant clins d’oeil à Bashung Prenons Le Large…Il ne manque pas grand chose, sinon rien à ce double haut de gamme, objet rare, moderne, touchant par sa sincérité, consécration d’une carrière riche en fausse routes magnifiques et contre-pieds, que l’on salue aujourd’hui comme il se doit. Du grand art.


