M oublie sa tenue funky rose bonbon dans le placard et revêt le manteau noir des doutes de l’existence. Un album tout en contrastes, où se côtoient musiques plutôt downtempo et textes amères dans la plus grande tradition de la chanson rock française. Un effort qui sonne la fin au moins temporaires des délires flashy d’avant. L’enregistrement simple, brut, tout en retenu et les effets moins envahissants que sur les opus précédents donnent un charme fou à une musique contemplative, presque cinématographique mais qui sait rester rock lorsqu’il le faut.
Le clair-obscur du visuel se retrouve tout au long d’une oeuvre où l’on guette l’espoir, même noyé dans un bain de tristesse, à chaque coin de partition. Les éclairs de guitares traversent toujours la musique de M mais de manière plus distanciée, comme de simples illustrations , et accentuent par leur rareté l’impression trompeuse de gravité; M semble ainsi jouer sur les impressions, les faux semblants, comme si l’accumulation de mots teintés par le désespoir ( mort, spleen…) n’était en réalité qu’un prétexte pour s’amuser de soi et des réactions d’un public forcément surpris au premier abord. Mais ne s’amuse t on pas de la mort aussi chez le joyeux Tim Burton?
Mathieu Chedid a cette fois ci convié la famille pour l’élaboration de son nouveau protégé. Emilie au DVD, Louis à la production et au mixage pour un album concept classieux qui fait mouche dans toutes ses tentavives. On aime qu’enfin M prenne son temps, qu’aux délires extravagants succède le travail d’orfèvre, et que l’on profite enfin d’un véritable album studio, patient et reposé, au lieu de disques autrefois plutôt orientés vers la scène et les tournées. Des retrouvailles en Chedid Majeur plus que conseillées.
Comments ( 2 )
M est mort… Vive M !!!!! ce dernier hommage paraît être un véritable bonheur. Je l’attends avec grande envie. Même si le premier single présage en effet d’un album plus “grisé” l’essentiel est là et le plaisir d’écoute aussi.
ben malgré le battage médiatique, le packaging recherché et plus de 4 ans d’attente, ce nouvel opus me laisse bien froid…
moi qui le trouvais génial sur “Le Baptême” & “Je dis Aime”, qui pensais qu’il avait si jeune intégralement digéré les influences majeures d’Hendrix, du funk à Clinton ou Prince et réussi à mélanger cela dans une variété frenchie de qualité (que peu d’autres avaient proposé avant lui sous cette forme), le nouveau Mister Mystère (rien que le titre déjà!) m’attriste assez: on n’y retrouve que très partiellement ce qui faisait le charme et la force de ses prédécesseurs… On reste sur sa faim, on éprouve une désagréable sensation de manque, et par dessus tout on reste sidéré par l’indigence (et encore je fais un effort pour ne pas être trop méchant) des textes!
Matthieu dort sur ses lauriers et se contente de faire tourner la machine… Moi qui ne ratais aucun de ses concerts, j’irai pas voir sa nouvelle tournée!

