
Nouvelle Vague n’est ni un groupe de surfers type côte ouest ( les Landes, pas Los Angeles), ni un groupe de réalisateurs nostalgiques fascinés par François Truffaut. Quoique. On comprend vite la démarche de ce duo parisien très bien accompagné, qui à l’écoute de ce troisième opus sobrement intitulé III, tente à l’instar du prestigieux cinéaste de redéfinir les codes de leur art. Une méthode simple, qui consiste à proposer ici 16 titres de reprises de grands classiques rock période seconde partie du XXème siècle, rejoués version “Cocoon en vacances aux Etats Unis”.
Un ensemble de pièces soyeuses, easy listening pour les anglo-saxons, qui rivalisent de bataille de pelochons, d’écharpes de Cachemire, et de lait de corps bien gras. Une montée vers un paradis musical illuminé par des guitares sèches, des basses fretless, une slide bien sentie, des pianos et percussions jazzy à souhaits, et surtout des voix féminines quasi divines qui collent les morceaux dans les nuages. Le groupe ne se pose ici aucune limite, quitte à parfois frôler le mauvais goût, mais s’en sort toujours avec les honneurs. On écoute ces arrangements comme on contemplerait un défilé haute couture; un exercice de style pour une musique esthétisante que l’on ne couperait pour rien au monde. Un disque sans frontière et intemporel, prétexte à s’isoler, l’ipod sur les oreilles , seul sur une plage au bout du monde.