Mos Def est de ceux qui aiment divaguer en dehors des sentiers battus. Rappeur au flow froid et mécanique le new yorkais a toujours fait montre de curiosité en s’ouvrant les portes du 7ème art et des séries TV. Une passion pour le cinéma, qui si elle ne le lui a pas permis de s’imposer dans ce milieu très convoité, lui a ouvert d’autres horizons. Ecstatic, quatrième album de l’enfant de Brooklyn, ressemble à un voyage en forme de cross over, entre génériques télévisés, musiques de films, dialogues, et hip hop de grande classe. Un disque de musicien passionné, qui renoue avec le meilleur du rap américain. Mos Def appartient à cette famille hip hop qui n’a jamais voulu se compromettre dans le grand cirque bling-bling du show business. Une attitude plus constructive et créatrice qui fait avancer le hip hop à grands pas, à l’opposé d’idoles devenues vaches à lait de l’industrie du disque. il souffle vent de fraîcheur sur cet album, qui tranche avec le gros des vente d’aujourd’hui car Mos Def sait prendre son temps et laisse respirer ses morceaux. Les instrumentations faites de boucles très 60′s, soutiennent la voix sans jamais prendre le dessus et ne sur jouent jamais, un exploit en cette période très portée sur le clinquant et le boursouflé.
La où certains militent pour l’auto tune, tandis que d’autres souhaitent l’enterrer vivant, Mos def se place à mille lieux de ce genre de débats. Une oeuvre à l’ambiance envoûtante, en dehors des courants de mode, entre hommage old school et aventures tout terrain, qui sait rapidement se rendre indispensable.

