
Sonic Youth groupe new yorkais de rock torturé, influencé par le grunge, le post rock, les guitares saturées et les choses qui ne font pas rigoler sort un nouvel album , pépite rare sans teinte ni reflet, retenue par le tamis naturel de l’oreille submergée par la production incessante d’une année haute en couleur. L’or noir extrait de la discographie aride de ces américains jamais calmés, alimente le rock d’outre atlantique depuis bientôt 30 ans et connut son heure de gloire dans les années 90. Nirvana, The Breeders, d’aucun ne pourrait contester l’influence majeur de ce monstre du courant alternatif qui rivalise d’inventions et de talent .
The Eternal, parait donc en 2009 et en transige en rien avec les règles établies par le groupe depuis ses débuts. Rigueur technique, création, expérimentations sonores à tout crin, il laissera néanmoins une foule nombreuse aux frontières de cet espace peut être trop restreint, dessiné par des musiciens fiers et peu enclins au compromis.
Le groupe invente ici un paysage inhospitalier survolé par de violents orages électriques aux pluies d’acier, qui n’offre que très peu d’endroits pour s’abriter. Une terre d’aventuriers, sombre et monolithique, qui ne révélera ses richesses qu’à ceux qui prendront la peine et le temps de l’explorer car la survie du rock progressif et de la musique toute entière est à ce prix. Entre exigence, intransigeance et travail de qualité, Sonic Youth reste donc la référence absolue et incontestée d’un mouvement musical au futur pourtant bien mal embarqué