
Kasabian est né à l’orée du XXIème siècle dans un pays où la pop foisonne depuis 40 ans. Un bruissement perpétuel de guitares pour une pépinière de talents jamais désertée qui place l’Angleterre tout en haut du classement des groupes les plus avisés et prétentieux du monde tous genres confondus. On aimerait vraiment pour une fois, dire que cette pop anglaise née dans les 90′s est en fin de vie. Oui, on aimerait bien, sauf que ce nouveau disque au nom interminable West Ryder Pauper Lunatic Asylum, est à priori une nouvelle démonstration éclectique du savoir faire made in England. Un véritable concentré d’Angletterre de ces dernières années qui marie l’ouverture d’esprit de Gorillaz , la gouaille et la fougue des Artics Monkeys, la fraicheur de Blur, les mélodies d’oasis, quelques clins d’oeil aux indispensables Chemical brothers, et pourquoi pas une petite pensée pour les B 52′s.
Un album hommage à la culture pop moderne dans le fond et au cinéma dans la forme, qui recrache sans aucun complexe ce que les oreilles de ces british dans le vent ont pu enregistrer depuis leur adolescence et leur courte carrière, jusqu’à psalmodier la guitare de Twin Peaks sur l’étrange Ladies And Gentlemen, Roll The Dice . L’album peine pourtant à convaincre sur la distance par manque de consistance et s’égare très vite .Le talent débordant de ces anglais (trop?) ambitieux, submerge rapidement un auditeur inquiet de ne pas retrouver son cap, perdu dans une oeuvre mal cernée, et pour tout dire un peu foutraque. Au final, une promesse de croisière luxe haut de gamme qui masque difficilement une simple et frustrante remontée de la Tamise.