
Un groupe sorti de nulle part pour une musique à la croisée de tout et de n’importe quoi. Lorsque Led Zeppelin rencontre Bjork et Justin Timberlake cela donne ce disque étrange, déstructuré, qui multiplie les clins d’oeil et les références, dans une ambiance de studio live enfumé par la cuisson de champignons forcément hallucinogènes. Bitte Orca est un ensemble de pièces musicales sans queue ni tête qu’il faut savoir apprécier. Non pas que le talent de Dave Longstreth soit à remettre en cause, au contraire, mais force est de constater que les Dirty Projectors ne facilitent pas la tache de l’auditeur fatigué par une semaine de travail harrassant.Une écoute attentive est recommandée pour s’imprégner de cet univers qui marche à l’envers, et où les structures couplet/refrains disparaissent au profit de nappes de guitares et de parties de synthétiseurs hachées par une batterie sauvage mais maitrisée. On ne cherche pas de tube en puissance sur ce disque sauf peut être ce Two Dives aux accents Mamas and Papas assez prononcés, mais on se contente à vrai dire sans problème de cette expérience sonore unique et ludique, excessivement riche, qui vous retourne le cerveau comme une crêpe au beurre ratant son saut; symbole d’un rock à la recherche de nouveaux modèles, Bitte Orca est une nouvelle voie défrichée dans une jungle rock en recomposition.
Un disque malheureusement bien trop austère pour espérer rencontrer le très grand public. Les plus téméraires sauront s’en satisfaire, les autres maudiront une musique exprimée dans un language artistique qu’ils ne comprendront pas. On ne leur en voudra pas, mais on reconnaitra aux Dirty projectors cette capacité à recycler intelligemment des références pourtant bien encrées dans l’inconscient collectif. Et c’est déja beaucoup.
Comments ( 1 Comment )
[...] beaucoup plus édulcoré. On fera ainsi facilement le parallèle avec d’autres groupes Bitte Orca, Animal Collective ou pourquoi pas Radiohead, premiers supporters de ce combo rock pas comme les [...]
Grizzly Bears | Veckatimest | critique | laurelld, magazine francophone de critique musicale a commenté l'article sept 03 09 a 22 h 38 min