Peter Doherty, ex-Libertines, ex-Baby Shambles, et surtout pour le grand public ex de kate Moss, le Top Model, est plus connu pour ses frasques nocturnes et ses séjours en détox,que pour sa musique. Doherty est pourtant sans conteste un des meilleurs songwriter anglais du moment, encore fallait il le prouver. L’exercice de l’album solo était en effet un risque artistique mais surtout médiatique pour un artiste que l’on attendait au tournant; cerné de toute part par la presse spécialisée et les médias plus ou moins recommandables.
L’homme sûre de ses forces, nous propose 12 compositions issues de ses divagations personnelles. Des chansons introspectives et contemplatives, marquées par la sobriété des arrangements. Une guitare une basse une batterie, quelques violons ici et là pour l’ambiance sixties, le tout parcouru par une voix toujours à la limite de la justesse d’interprétation. Les guitares et la production sont assurés par le guitariste de Blur, Graham Coxon qui entre deux projets personnels et un retour attendu avec son groupe d’origine se met au service du chanteur sans jamais lui faire de l’ombre.
l’ensemble est soyeux, et baigne dans une certaine torpeur jamais lassante. Les paysages déssinés par ces compositions se font et se défont au grè de la présence et des absences d’un chanteur qui se permet de n’être bon que de manière épisodique.
Les mélodies,fines et travaillées sont parfois presque saccagées par un -je m’en foutisme général, “New love Grows on threes” en est un bon exemple.
L’album est homogène mais la diversité transparaît après plusieurs écoutes. On y retrouve des chansons typiquement anglaises, “Arcady”, “I am the Rain”", des titres plus influencés par le songwritting américain “palace of Bone”, des influences jazzy façon Nouvelle-Orléans ”sweet by and by”, ou encore des titres plus modernes façon Gorillaz, notamment le très bon “Last of the English Roses”.
On ne peut s’empêcher de penser à Syd Barrett en écoutant Peter Doherty et on aurait tord de ne pas le faire. L’ombre de l’ex Pink floyd rôde autour de ce disque lumineux.
Cette affaire ne serait elle pas simplement une histoire d’ex?

