le Pays Sauvage que l’on visite main dans la main avec E. Loizeau ne ressemble à aucun autre. En fait si, on l’a déja visité de nombreuses fois en voiture, à pied, dans nos rêves, au cinéma, dans de vieux vinyls On croyait connaître par coeur ce bout de territoire aux frontières de tout, terre perdue aux confins de notre imaginaire. Les recoins longtemps restés dans la pénombre nous apparaissent maintenant petit à petit illuminés par la voix si particulière de cette artiste française hors-norme qui varie les thèmes et les ambiances minimalistes comme une virtuose.
Souvenirs d’enfances,contes enchantés, personnages marginaux, (la femme à barbe..), cet album fait de bric et de broc surprend à chaque seconde. Il faut accepter cette main tendue vers le plus beau des cauchemars et se laisser aller sans retenue, car si Emily n’est évidemment pas Alice, au terme de ce long voyage lorsque vous poserez vos valises sur des quais abandonnés , vous admirerez le train sans fin des âmes en peine souriantes, remplies d’espoir et de malice, et oserez alors vous réveiller. Emily Loizeau flirt dans son pays sans retenue ni complexe, avec le bon et désormais, surtout le beau. Bravo.

