
Un album de presque rien, c’est parfois beaucoup. La preuve avec ce troisième opus de la chanteuse à la voix d’or, Lhasa de Sela. Une musique feutrée, bluesy, pas originale pour un sou, mais survolée par ce timbre splendide , perpétuellement en suspend au dessus des frêles nappes sonores produites par des instruments tout en retenue qui s’attachent à souligner sans cesse le talent de la chanteuse au feeling très jazz.
On se perd volontier dans ce dédale perdu dans le temps, plongé dans une léthargi infinie, qui rappelle par moments la musique pré rock américaine promue auprès du grand public par le film o brother . Un bout d’Amérique sans date de péremption, une parenthèse parmi d’autres, qui se distingue pourtant par sa classe et l’amour du travail bien fait. On croit retrouver ici l’Amérque qu’on aime, celle des légendes et des espoirs jamais souillés.
Un temps révolu ou l’on se perd ainsi volontier au travers de ces 12 chansons calmes et reposées, qui à défaut d’être originales et aventureuses, se permettent d’être belles sans jamais prétendre à autre chose que d’être écoutées.