
Fever Ray est un peu l’oiseau de mauvaise augure que l’on chasse hors de ses terres lorsqu’elles sont ravagées par un mal invisible et insidieux. La coupable idéale, la visionnaire responsable que l’on dénonce en temps d’inquisition. 11 extraits d’une musique organique que l’on croirait sacrée, traversée par de sombres nappes de synthétiseurs poissardes aux antipodes de ce que l’on attend d’un album de printemps.
La suédoise nous plonge de bout en bout dans une nuit polaire interminable propice aux angoisses les plus primaires, où se cottoient les esprits de défunts remarquables, le Trip Hop et le Post Rock notamment, réincarnés malicieusement dans une pop au minimalisme bienvenu qui ne surjoue jamais. Les musiciens d’autrefois, remplacés par de sombres machines mélancoliques se contentent ici d’actionner les manettes d’une oeuvre totalement dévouée à son auteur/compositeur physiquement présente par un chant détaché, quasi chamanique .
Un disque d’ambiance, parfois lourd, parfois un peu long, parfaite bande son d’un monde plongé dans le doute , l’oeil rivé sur les prévisions; Pluie de mauvaises nouvelles et grande dépression.